Définition du stress

Si le stress au sens large existe depuis la nuit des temps, sa définition et son mode d’action sont assez récents puisqu’ils datent de 1936. On les doit à un médecin physiologiste canadien le docteur Selye qui en a fait la première description dans un livre « the stress of life ».

UN MECANISME DE DEFENSE

Au début, le stress n’est rien d’autre qu’une histoire d’hormones secrétées par le système nerveux et les glandes surrénales sous l’effet de l’agression…

Tous nos organes internes sont commandés de façon inconsciente par un système nerveux dit « autonome » composé de deux systèmes nerveux antagonistes c’est-à-dire qui ont des actions contraires : le système nerveux « sympathique » et le système nerveux « parasympathique ».

  • Le premier met en jeu les réactions de fuite ou de combat, via la sécrétion d’adrénaline par les terminaisons nerveuses ;
  • Le second va ralentir les processus précédents pour remettre l’organisme au repos.

En clair, le système sympathique est responsable des réactions physiologiques au stress, alors que le système « parasympathique » va s’y opposer ».

LE STRESS, C’EST LA VIE

Le stress est un merveilleux processus d’adaptation au changement qui nous permet de réagir aux innombrables stimulations qui nous entourent.

  • C’est une réaction réflexe normale et positive qui sert à mobiliser les ressources énergétiques et le potentiel d’action de notre corps lors d’une situation d’urgence
  • Cette fonction d’adaptation que nous partageons avec tous les mammifères est non seulement utile mais nécessaire à notre survie.
  • C’est l’abus de stress ou son mauvais usage qui endommage le corps et altère nos facultés mentales.

UNE REACTION SPÉCIFIQUE CHEZ L’HOMME

De nombreuses expériences tendent à prouver que la nature de l’agent « stresseur » induit des secrétions hormonales différentes dans certaines circonstances. Chez l’homme la réaction est spécifique : certains auront de fortes réactions, d’autres peu ou pas :

« le stress est un état psychologique qui correspond à un décalage entre la perception que le sujet a d’une demande de l’environnement et l’idée qu’il a de ses capacités à y répondre. »

Mr Friedman et RH Rosenman, 1959

DES HORMONES CERTES, MAIS PAS SEULEMENT…

La réponse au stress est multidimensionnelle. Le vécu de l’individu, son hérédité, sa personnalité, son environnement mais aussi ses expériences passées jouent un rôle essentiel dans la façon de réagir au stress.

DANS LA VIE DE TOUS LES JOURS

DES COMPORTEMENTS ARCHAÏQUES QUI NE S’EXPRIMENT PLUS :

Le stress actuel n’est plus le stress ancestral de la survie où il fallait chasser, se battre physiquement ou fuir pour survivre mais celui beaucoup plus complexe de la vie moderne où il faut jongler entre travail, carrière, vie personnelle, famille… Pourtant les hormones responsables continuent à être secrétées et vont tourner l’organisme en surrégime et provoquer les fameuses maladies du stress : infarctus, dépression, maladies de peau, etc…

STRESS AIGU OU STRESS CHRONIQUE ?

L’événement aigu (accident, décès brutal, catastrophe naturelle, licenciement…) est toujours porteur de stress car souvent imprévisible, incontrôlable et d’intensité élevée. Cependant dans la majorité des cas le stress est chronique : l’agent « stresseur » est répétitif et psychologique.

EXPLIQUER COMMENT LE DESEQUILIBRE S’INSTALLE

STRESS : DEUX ELEMENTS INDISSOCIABLES

  1. Une stimulation ou une agression
  2. La réponse de l’organisme à cette stimulation ou agression

La réponse à cette stimulation est toujours biologique et permet à notre organisme de s’adapter.

LES DEUX DIMENSIONS DE LA REACTION DE STRESS

DIMENSION PHYSIQUE                         DIMENSION PSYCHIQUE

LIBERATION D’HORMONES                 LIBERATION D’EMOTIONS

MOBILISATION DU CORPS                   MOBILISATION DU  PSYCHISME

LES TROIS STADES DE LA RÉACTION DE STRESS

Lorsque le stress survient, l’organisme va s’adapter de façon automatique et relativement stéréotypée. Cette réaction, appelée « syndrome général d’adaptation » passe par trois phases successives : la phase d’alarme, la phase de résistance, la phase d’épuisement. Hans Selye

1. La phase d’alarme ou d’alerte

La première phase est une phase d’alarme, indépendante de notre volonté, et dans laquelle l’organisme va se défendre contre l’agent stresseur. Les glandes surrénales sécrètent de l’adrénaline qui va préparer le corps à l’action. C’est la phase des émotions fortes, comme la peur, l’anxiété ou encore la colère. Cette réaction de survie se déroule en deux temps :

  • Au tout début, le cœur va s’accélérer. Parallèlement, la tension artérielle va chuter et le tonus musculaire va diminuer. Il s’agit d’une phase qui peut faire perdre tous ses moyens, comme lors d’un passage d’un examen.
  • Dans les secondes qui suivent, la tension artérielle va augmenter et les muscles vont se contracter. La digestion va se ralentir. Le sang va quitter le territoire cutané pour rejoindre les muscles ainsi que le cerveau, augmentant alors la vigilance et la mémoire. La salive diminue, la sudation augmente. La respiration s’accélère et les narines s’élargissent. La coagulation sanguine se renforce, afin de parer à une blessure éventuelle. Les pupilles vont s’élargir afin d’améliorer la vision.

2. La phase de résistance

Si l’agent stresseur persiste assez longtemps l’organisme va se mettre en tension permanente et s’adapter à l’agression ; le corps va mettre en place des mécanismes de défense et secréter du cortisol qui augmente le taux de sucre dans le sang pour apporter l’énergie nécessaire aux muscles, au cœur, au cerveau dans la durée. Le système s’autorégule.

3. La phase d’épuisement

Si le stress se prolonge ou s’intensifie, le système ne s’autorégule plus. L’organisme est alors submergé d’hormones pouvant nuire à la santé. Le cortisol est produit sans contrainte, sur-stimulant l’organisme jusqu’à épuisement. La phase d’épuisement correspond au stress qui peut tuer, à la phase terminale de l’agression, lorsque l’individu est fatigué, sans force, incapable de faire face parce qu’il s’est trop longtemps adapté, épuisant alors toutes ses ressources physiologiques. A ce stade c’est surtout la fatigue qui domine, sans parler de la perte de confiance et des troubles du sommeil.

LES EFFETS NÉGATIFS DU STRESS

  • Nous ne pensons plus clairement ;
  • Notre capacité à résoudre les problèmes est altérée ;
  • Nous ne voyons plus les choses telles qu’elles sont mais telles que nous croyons qu’elles sont, ou que nous ne voudrions pas qu’elles soient ;
  • Nous avons du mal à communiquer ;
  • Nous mettons en œuvre des comportements souvent contre-productifs.